Art, enrichissement et valeur somptuaire 3/3

Essai par Olivier Quintyn
Sommaire

L’une des caractéristiques majeures du capitalisme est sa dynamique d’accumulation et d’enrichissement sans limite ni reste : cette dynamique n’obéit à nulle autre fin que sa propre perpétuation, en déplaçant la recherche de profits vers de nouveaux gisements de richesse, après que les chances de profit ont été épuisées dans un site économique donné ou dans un format de marchandise établi. Ce caractère à la fois infini (puisque le mouvement d’accumulation du capital ne s’interrompt jamais) et mobile (puisque l’un de ses principaux opérateurs est le déplacement et le renouvellement constant des sources de profits) est la force et la faiblesse du capitalisme. Sa force, car ce capitalisme intégral procède par enrôlement progressif de ce qui était auparavant soustrait au commerce et à la marchandisation, dans un mouvement de colonisation progressive de l’existence tout entière par la sphère marchande ; sa faiblesse, car la dynamique autoréférentielle de l’enrichissement poursuivi pour lui-même doit trouver des points d’appui normatifs et politiques dans la société pour être acceptable, alors même qu’elle ne cesse de produire de l’inégalité et de la souffrance sociale pour le plus grand nombre. L’enrichissement peut difficilement constituer une grandeur morale autonome de nature à provoquer l’assentiment de la très grande majorité des non-détenteurs de capital accumulé, dont le travail est pourtant indispensable à la valorisation de ce même capital.

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