Les artistes refont le monde
L'auteurAller plus loinThesaurus

Thesaurus :

L’Empowerment sexuel correspond à des concepts de « capacitation », de « responsabilisation », d’émancipation des femmes sur le plan sexuel et peut s’entendre au sens de puissance et de capacité. Cette notion désigne le refus des étiquettes restrictives et normalisantes, s’attache à la reconnaissance des rapports d’oppression, de domination, de sexualisation exercé sur les corps en engageant une prise de pouvoir et de confiance sur lui. C’est également un processus qui tend à légitimer la parole et la place occupée dans l’espace, largement colonisé par la présence des hommes, à affirmer sa position en créant des rapports de confiance, d’estime, de patience et de bienveillance.

Le Gibberish rap (charabia) fait référence au Mumble rap, terme controversé en raison son caractère réducteur, péjoratif, et du fait qu’il ne renvoie à aucun genre de rap spécifique. Inventé par l’auteur-compositeur-interprète Wiz Khalifa en 2016, il désigne un sous-genre de la musique rap apparu vers le début ou le milieu des années 2010 aux États-Unis (identifiable par son contenu lyrique et un son particulier, lié notamment à l’utilisation importante du kick de la boîte à rythme), et se caractérise par un manque d’importance accordé au texte, marmonné et difficilement compréhensible (opinion contestée par des critiques du terme), ainsi qu’une récurrence des thèmes liés à la drogue, l’argent, les bijoux, les vêtements de marque.

L’intersectionnalité est un terme proposé par l’universitaire afroféministe américaine Kimberlé Williams Crenshaw en 1989, et qui désigne la discrimination simultanée, par le racisme et le sexisme, subis par les femmes afro-américaines. L’intersectionnalité démontre que les systèmes de domination et d’oppressions liés au sexe, au genre, à la classe et à la race sont cumulables. Cette démarche nourrie également le champ des Postcolonial Studies et des Queer Studies.

Apparus au début des années 1990, les théories Queer se concentrent en premier lieu sur l’étude de l’histoire des mouvements LGBT et des vécus des personnes queer pour s’hybrider ensuite avec d’autres domaines tels que la biologie, la sociologie ou la philosophie, etc. Les théories Queer proposent des outils d’analyse et de critique des systèmes dominants ; hétéronormatif, cisgenre et blanc, théorisés par des personnes en marge de ces systèmes. En analysant également la forme académique, les théories Queer permettent l’apparition de nouvelles formes d’échanges, politiques, culturels, scientifiques ou affectifs.

Les Postcolonial studies naissent dans les années 1980 aux États-Unis, inspirées notamment par L’orientalisme, texte de Edward Saïd paru en 1978. Il s’agit d’un ensemble de travaux et de recherches qui prennent acte de la dimension et de la pensée colonialiste pour développer une pensée critique à l’égard de l’occident et de sa prétention à l’universalisme.

D’abord nommé reality rap au milieu des années 1980 (rap conscient qui décrivait la situation sociale et les conditions de vie difficiles dans les quartiers), le gangsta rap apparait à la fin des années 1980 aux États-Unis où il connaitra un important succès au contact de l’industrie musicale. Il joue et utilise des codes virilistes, notamment rattachés à la figure du gangster dans le ghetto, qui consomme un style de vie violent et hors-la-loi, et par une forte récurrence des thèmes liés à la drogue, le sexe, l’argent, la haine de la police, l’homophobie, les femmes ou le proxénétisme. Les rappeurs, souvent membres de gangs, y font le récit de leurs vies, et les scènes de violence et de dominations qui y sont rattachées (racisme, persécutions de la police), ce qui opère dans le style un basculement à la première personne (pronom je). Il se caractérise également par la mise en place d’un langage et d’une façon de parler dite gangsta, par une attitude de supériorité et par l’usage de l’ego trip (démarche visant à flatter ou embellir l’ego).

Apparu dans les années 1990 dans la scène hip-hop de Houston aux États-Unis, et largement lancé par Dj Screw, le chopped and screwed (screwed and chopped ou slowed and throwed) désigne une technique de mix qui s’effectue par le ralentissement du tempo entre 60 et 70 bpm (battements par minute) et par l’usage de techniques telles que le scratching (technique de mix obtenue en faisant défiler rapidement d’avant en arrière la courte séquence d’un disque pendant sa lecture), le stop-time et la modification d’une partie d’une chanson pour en faire une version « hâchée ».

La Ballroom est une communauté créée dans les années 1970 aux États-Unis par des femmes trans et des drag queens afro-latino à la suite d’un problème de racisme à l’intérieur de la communauté LGBT, quand, dans les concours de Drag queens, les blancs remportaient systématiquement la victoire. Cette communauté est composée de différentes House (familles), qui comprennent chacune une mother et un father qui transmettent l’apprentissage à des kids. Ces espaces se veulent non-restrictifs, faits pour célébrer les différentes identités. Le Voguing est une danse pratiquée dans les Balls, concours qui affrontent les différentes familles, faite de différentes catégories de performance comme le Old Way qui découle des poses de mannequins, le New Way qui introduit la contorsion ou le Vogue Fem très féminin, et de mouvements comme le Duckwalk (qui imite la marche des canards) ou le DIP (figure qui consiste à tomber au sol sur le dos).

Autour du texte
15 octobre 2020

Cherish Menzo
Distorted Rap Body

On stage, Cherish Menzo’s stature is impressive: steel body with protruding muscles, oversized false nails, long braids, teeth covered with a grill and vindictive expressions. After having performed for numerous choreographers and as a soloist under the direction of Benjamin Kahn (Sorry, but I feel slightly disidentified…), the Dutch dancer and performer reappropriates in her solo JEZEBEL the aesthetics of the Video Vixens, those athletic and outrageously sensual young black women who appeared in the mainstream rap videos of the 1990s. Female empowerment or commercial exploitation? What remains of this figure once transposed into an abstract universe? Gendered and racialized stereotypes are deconstructed in order to establish a new identity: that of an uncanny, post-gender Jezebel.

Lire aussi...